14/08/2012

Que des sombres Enfers les tremblantes horreurs


Que des sombres Enfers les tremblantes horreurs 

Viennent m'environner, les cavernes affreuses,
Les fleuves ensoufrés, les âmes malheureuses, 
La mort, l'effroi, la peur, la rage et les fureurs,

Que je sois assailli des horribles terreurs 
Du chien à trois gosiers, des Dires serpenteuses, 
Des fantômes volants et des ombres hideuses, 
De Titye étendu pour gémir ses erreurs.

Qu'avec eux du haut ciel les éclats du tonnerre 
Viennent pour m'accabler, cette effroyable guerre, 
Je ne la craindrai point étant près de ton oeil,

Oeil qui donne lumière aux lumières du monde, 
Oeil qui d'appâts, de traits et de flammes abonde, 
Plus brillant et plus beau que n'est le beau Soleil.

Isaac HABERT   (1560-1615)

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Quelle horreur, quel effroi, quel brouillard, quelle nuit

 

Quelle horreur, quel effroi, quel brouillard, quelle nuit,
S'amasse sur ce lieu privé de la lumière ! 
L'air s'est noirci partout, ô ma douce guerrière, 
Depuis que ton bel oeil ici plus ne reluit.

Le Soleil amoureux de ta beauté te suit, 
Les Grâces, les Amours, ne te laissent derrière, 
Amour qui tient mon âme en tes yeux prisonnière 
Appelle à soi mon coeur, qui le suivant me fuit.

Pour ton départ les bois ont séché leur feuillage, 
Les oiseaux ont cessé de regret leur ramage, 
Ces prés ont effacé leurs plus belles couleurs,

Les Nymphes de ces champs ont pleuré ton absence, 
Moi, sans âme et sans coeur, animé de douleurs, 
Je pleure ton départ, père de ma souffrance.

Isaac HABERT   (1560-1615)

02:58 Écrit par Memophis dans > Isaac HABERT | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : horreur, brouillard, nuit |  Facebook |

12/08/2012

L'on ne voit rien que feux, l'air est tout enflammé

 

Sur les feux de la Saint-Jean

L'on ne voit rien que feux, l'air est tout enflammé, 
Le ciel est tout rougi, à peine la lumière
Des astres apparaît, l'ombre s'enfuit derrière. 
Cette nuit-ci ressemble un beau jour allumé !

Mais hélas ! dedans moi Amour trop animé 
Fait croître à tous moments une flamme meurtrière, 
Et pour l'entretenir mon coeur sert de matière ; 
Et dans l'eau de mes yeux je serai consumé.

Ces feux qu'on fait ici, ce sont feux de liesse, 
Mais le feu qui me brûle est un feu de tristesse 
Qui me fait vivre en peine et mourir en tourment.

On danse, on chante, on rit autour de cette flamme, 
Moi je pleure et soupire, et en pleurant mon âme 
Gémit autour du feu qui me va consumant.

Isaac HABERT   (1560-1615)

 

feux

22:04 Écrit par Memophis dans > Isaac HABERT | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : feux, dansse |  Facebook |

J'avais longtemps erré par les sombres déserts

 

J'avais longtemps erré par les sombres déserts, 

Triste, morne et pensif, privé de la lumière, 

Mon seul séjour était une noire fondrière, 
Pleine de songes vains, de fantômes divers.

Mais sitôt que l'Amour, prince de l'Univers,
Eut chassé l'ombre épais de ma tendre paupière, 
Et qu'il fit sous les lois mon âme prisonnière, 
Soudain j'abandonnai ces rocs de nuit couverts.

Je sentis à l'instant mon coeur, mon sens, mon âme, 
Pleins de divins pensers, de désirs et de flammes, 
Sitôt qu'il m'eut fait voir mon Soleil donne-jour.

Ce n'était pas Phébus à la tresse dorée,
Mais celui que ma dame, en sa face adorée, 
Porte dessus son front, des beautés le séjour.

Isaac HABERT   (1560-1615)

 

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21:49 Écrit par Memophis dans > Isaac HABERT | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : desert |  Facebook |